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Le palais et le jardin du Luxembourg

Rue de Vaugirard

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Famille des Pérelle

Vue perspective du palais du Luxembourg (alors d’Orléans), XVIIème siècle, estampe, château de Versailles.

Après la mort son époux Henri IV, la reine Marie de Médicis songe à quitter le Louvre, qu’elle n’apprécie guère. Ce projet se concrétise en 1612 : la souveraine acquiert cette année même l’Hôtel du duc de Piney-Luxembourg, environné d’un jardin de huit hectares. Elle fait aussitôt aménager de nouveaux jardins, dont elle confie la réalisation à Jacques Boyceau. Celui-ci dessine une série de parterres symétriques autour d’une fontaine centrale, entourés d’un double déambulatoire surélevé en forme de terrasse à l’italienne.

Pour alimenter en eau les jardins de sa nouvelle demeure, la souveraine reprend le projet d’un aqueduc, captant les eaux de source du plateau de Rungis : au moyen d’une canalisation souterraine et d’un pont, franchissant la vallée de la Bièvre à hauteur d’Arcueil et de Cachan, cet aqueduc (dit Médicis) fournit bientôt l’eau en quantité suffisante pour faire fonctionner les fontaines.

 En 1615, Marie de Médicis demande à Salomon de Brosse de transformer l’hôtel du duc de Piney-Luxembourg en un vaste palais à l’italienne. Salomon de Brosse conçoit plus exactement un nouvel édifice à l’est de la demeure du duc de Piney-Luxembourg, qui devient alors le « Petit-Luxembourg ». 

Du côté de la rue de Vaugirard, l’accès à la Cour d’honneur du palais Médicis s’effectuait par un pavillon d’entrée coiffé d’un dôme, qui marquait en son centre un corps de portique couvert en terrasse. Deux ailes de galerie en retour, terminées par des pavillons sur rue, longeaient la Cour d’honneur. Au fond de cette cour, une terrasse bordée d’une balustrade et pavée de marbre, accessible au moyen d’un escalier en hémicycle, menait jusqu’à un grand escalier et au porche d’entrée du corps de logis, cantonné de quatre gros pavillons. L’ordonnance rustiquée des trois ordres superposés (toscan, dorique et ionique) renvoyait bien sûr au palais Pitti, en allusion à l’origine florentine de Marie de Médicis. Du côté du jardin, les pavillons d’angle, en forte saillie, encadraient le corps de bâtiment, également précédé d’une terrasse, qui aboutissait au vestibule d’entrée, situé entre les deux galeries du palais.  

 Les travaux ne sont pas encore achevés que la souveraine décide, en 1625, de s’installer dans sa nouvelle demeure. Cette même année, Pierre-Paul Rubens achève le cycle de tableaux relatant la vie de la reine, qui prend place dans la galerie occidentale de son palais. Marie de Médicis dut toutefois quitter le palais Médicis en 1631, sur ordre de son fils, le roi Louis XIII, au lendemain de la « Journée des Dupes ».

 

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Famille des Pérelle

Vue et perspective du palais du Luxembourg (alors palais d’Orléans), du côté des jardins, XVIIe siècle, estampe, château de Versailles 

Le premier jardin dessiné par Boyceau n’était pas très étendu vers le sud, où la perspective se heurtait à l’enclos du couvent des Chartreux, logé, depuis le XIIIème siècle, dans les bâtiments d’un vieux château qui fut la résidence de Robert le Pieux et Philippe Ier. En 1635, André Le Nôtre est lui aussi confronté à l’enclos du couvent des Chartreux, lorsqu’il réaménage les parterres faisant face à la façade principale du palais.

A sa mort, Marie de Médicis lègue le Luxembourg à Gaston d’Orléans, frère puîné du roi Louis XIII. La demeure revient ensuite à sa veuve, Marguerite de Lorraine, puis à sa fille aînée, la duchesse de Montpensier, qui le vend à sa sœur, la duchesse de Guise. En 1694, celle-ci cède le Luxembourg au roi Louis XIV. En 1715, le palais revient à Philippe d’Orléans, qui en laisse l’usage à sa fille aînée, Marie-Louise Elisabeth, duchesse de Berry, puis à sa fille cadette, Louise Elisabeth d’Orléans.

 En 1750, le directeur des Bâtiments du roi, Lenormant de Tournhem, propose d’exposer une sélection de tableaux tirés des collections royales dans la galerie orientale du palais, qui devient alors le premier musée d’art ouvert au public en France. Cette galerie demeure accessible jusqu’en 1780. Elle est fermée par le comte de Provence, qui avait reçu le Luxembourg deux ans plus tôt à titre d’augmentation d’apanage. L’administration reprend finalement tous les tableaux du roi, ainsi que ceux de Rubens, pour les déposer au Louvre.

 Déclaré « propriété nationale » sous la Révolution, le palais du Luxembourg est reconverti en prison en 1795, avant d’être affecté au Directoire. En 1799, le palais est attribué au Sénat. Les travaux engagés par l’architecte Chalgrin pour mettre l’édifice en conformité avec sa nouvelle destination s’achèvent en 1804. En 1814, à la chute de l’Empire, les Pairs succèdent aux sénateurs. Leur grand nombre exige de nouvelles transformations. En 1835, Alphonse de Gisors conçoit ainsi une salle de séances plus vaste, dotée d’un grand hémicycle. Il dispose cette salle en avant du palais, du côté du jardin, qu’il dissimule derrière un nouveau corps de bâtiment cantonné de pavillons latéraux. 

 

Luxembourg pavillon 3

Du côté de la rue de Vaugirard, quelques retouches sont apportées à la clôture formant l’entrée du palais : la façade présente toujours, à ses extrémités, deux pavillons, et au milieu, un porche d’entrée de forme quadrangulaire, sous un dôme circulaire, orné d’un cadran et de statues dans les entrecolonnements. Les terrasses reliant le porche d’entrée aux pavillons d’angle, qui reposaient autrefois sur un mur massif, reposent désormais sur un mur à arcades.

 

luxembourg façade luxembourg jardin

 Face au jardin, Gisors pastiche l’ancienne façade à bossages du palais Médicis, que Chalgrin avait déjà modifiée. Deux gros pavillons d’angle de trois étages encadrent le corps de logis et un étroit pavillon central en ressaut, surmonté d’un lanternon.

 

luxembourg façade jardin ressaut central

Le pavillon central possède un décor sculpté très riche : James Pradier exécute la figure du Jour, brandissant un flambeau, et celle de La Nuit, enroulées dans des draperies gonflées d’air et semblant flotter autour de l’horloge.

 

palais luxembourg

Le fronton couronnant le pavillon central, du côté du jardin (1840-41)

 Pradier sculpte également la figure du Génie soutenant le Zodiaque et les figures disposées au-dessus de la corniche du second étage, de part et d’autre du fronton. A gauche, le Mars casqué, détournant le regard, un pied sur une cuirasse, représentant La Guerre ; associé à l’allégorie de La Sagesse, une branche d’olivier et le casque guerrier retiré, et à celle de L’Éloquence, faisant le geste de l’orateur. A droite, La Prudence, réfléchissant un doigt posé au coin de la bouche, serrant, dans son autre main, le miroir entouré d’un serpent, avec La Justice, tenant fermement les plateaux de la balance, associées à la figure d’Hercule, abandonnant la massue et la peau de lion pour une branche d’olivier, symbole de La Paix.

 

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James Pradier

Le Jour et la Nuit, 1840-41, pierre, Paris, palais du Luxembourg, couronnement du pavillon central, du côté du jardin

 

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Une large corniche d’ordre dorique, à frise de triglyphes et métopes, sépare l’étage noble et le second étage d’attique. L’étage noble d’ordre dorique porte un décor plus élaboré : les fenêtres sont encadrées d’agrafes et le motif antiquisant du bucrâne (crâne de bœuf), prisé à la Renaissance, se répète régulièrement. Des terrasses, comprises entre les pavillons d’angle, précèdent les façades du corps de logis et du pavillon central.

 

luxembourg bassin octogonal

De nouveaux aménagements sont entrepris dans les jardins après la Révolution, sous l’Empire et la Restauration. Désaffecté, le couvent des Chartreux est en partie détruit lors du percement des rues d’Assas, de Fleurus et de l’avenue de l’Observatoire. Au Luxembourg, Chalgrin crée enfin la perspective vers le sud, dans l’axe du palais, puis remanie le parterre central en créant un grand bassin octogonal orné en son centre d’un groupe d’enfants portant une vasque.  

 

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Des terrasses à balustrade ornée de pots fleuris et gardée, à leur extrémité sud, par des lions, enserrent ce parterre central vers lequel toutes les allées convergent à couvert des frondaisons. Au sud et à l’ouest, le jardin est en outre tracé à l’anglaise. Le jardin à l’anglaise, les terrasses et les allées secondaires sont ornés de statues, qui constituent un véritable musée de plein air.

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