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Les bouquinistes de Paris

Pont-Neuf

n guerard le pont neuf ou l'embarras de paris

Nicolas Guérard (1648 ? – 1719)

L’Embarras de Paris (le Pont-Neuf), 1715, burin et eau-forte, 19,7 x 31,1 cm, Louvre

Dès le XVIe siècle, les petits marchands de livres et autres colporteurs étaient nombreux à déambuler avec leur marchandise ou à disposer leur boutique portative dans les rues à l’attention des passants. Au début du XVIIe siècle, ils s’installèrent sur le Pont-Neuf qui, dépourvu de maisons et doté de trottoirs, attiraient toutes sortes de marchands. En 1649, sous la pression des libraires, un règlement leur interdit toutefois de s’y livrer à leur commerce. L’arrêt ne fut guère respecté, puisqu’un nouvel arrêt d’interdiction fut pris en 1756, sans plus d’efficacité.

L’existence de ces petits marchands s’améliora sous le règne de Louis XVI et sous l’Empire. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, ils s’implantèrent de nouveau sur le Pont-Neuf, mais aussi dans le quartier Dauphine et les quais voisins, très appréciés des Parisiens. C’est par ailleurs à la fin du XVIIIe siècle qu’apparut le terme de « bouquiniste ». Sous l’Empire, l’élargissement des quais existants et l’aménagement de nouveaux quais permirent l’installation de petites caisses sur les parapets du quai Voltaire jusqu’au pont Saint-Michel. 

Sous le Second Empire, les bouquinistes furent une fois encore chassés du Pont-Neuf, mais autorisés à mettre des boîtes remplies de livres à endroit fixe sur les parapets des quais de la rive gauche. En 1859, la Ville de Paris mit en place des concessions, qui prévoyaient dix mètres de parapet pour chaque marchand contre un droit annuel de tolérance et une patente.

Quai de Conti

lemoine bouquinistes

Henri Lemoine (1848-1924)

Bouquinistes sur le quai Conti, Paris, vers 1897-1900, aristotype à partir d’un négatif film, Paris, musée d’Orsay

La création littéraire foisonnante favorisa alors l’essor des bouquinistes, qui ne se contentaient plus de vendre des livres, mais aussi nombre de bibelots et d’objets de brocante. En 1891, ils furent autorisés à laisser leurs boîtes à bouquins sur le parapet pendant la nuit. Ils saisirent l’occasion pour disposer des boîtes de dimensions plus importantes, qu’ils cadenassèrent soigneusement. En 1913, le droit de tolérance fut supprimé. En 1930, la dimension des boîtes fut réglementée. 

Quai des Grands-Augustins

DSCF6147

L’étal d’un bouquiniste, quai des Grands-Augustins, face à la fontaine Saint-Michel

Les bouquinistes de Paris occupent désormais les quais de Seine de la rive droite (entre les quais du Pont-Marie et du Louvre) et de la rive gauche (entre les quais de La Tournelle et Voltaire). Leur marchandise comprend non seulement des livres anciens et d’occasion, mais aussi des cartes postales de collection, des numéros anciens de revues, des photographies, divers bibelots. Elle est renfermée dans des boîtes vertes dont le couvercle relevé forme une sorte d’auvent, laissant apparaître le stock proposé à la vente. 

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